Le Come-Back

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Du film américain!!
Oui, un vrai blockbuster avec plein de soussous qui servent rien qu'à faire un énorme concert et à louer un hélico pour une seule scène, hourrah! Ouais, bon, j'ai en général peu d'affection pour les films à gros budget, vu qu'en général la somme injectée est inversement propotionnelle à la profondeur et à l'âme du film, mais dans celui-ci, ça va, le côté "nous avons plein de fric" apparaît nettement, mais ils ont eu cette idée de génie qui a été d'engager Hugh Grant dans le rôle principal, et... et c'est triste à dire mais, lorsqu'il y a Hugh Grant, je suis o-bli-gée d'apprécier. Sauf peut-être pour le film un peu doux-dingue sur lequel je suis tombée en Ecosse, un truc étrange avec Hugh Grant en jeune innocent (car il était très jeune à l'époque du film) et plein de filles toutes nues près de la rivière... bref.
Mais bon, moi j'ai vu Hugh Grant sur l'affiche et je me suis dit, youpi, je vais voir ce film!! Et la semaine dernière, je l'ai vu chez WHSmith, et étant donné qu'en Angleterre les dvd peuvent descendre jusqu'à £3, j'ai dit d'accord, et je l'ai pris, ainsi que Wild Child, que je vous réserve pour plus tard. En plus, il y a Drew Barrymore, et même si je ne l'ai quasiment jamais vue jouer, je sais qu'elle fait la voix américaine de la princesse Fiona dans Shrek, donc c'est o-bli-gé, ce doit être une fille bien.

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Pop goes my heart!
:')
La véritable merveille de ce film, je crois; Pop goes my heart. Mais attendez un peu que je m'explique.
Alex Fletcher (Hugh Grant, donc) est un chanteur de pop complètement has-been qui connût autrefois son heure de gloire au sein du groupe pop judicieusement nommé... "PoP". Comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessus, le merveilleux clip qui nous offre un splendide apperçu de leur tube Pop goes my heart n'est pas à pleurer.
Mais enfin, bref, au moment où le film démarre, vers la fin de notre décennie, Alex Fletcher est vraiment, vraiment embêté après la dissolution de son groupe quinze ans plus tôt; il désespère d'être sous peu condamné à chanter uniquement aux mariages et aux bar-mitzvahs ("Et encore, les gamins de treize ans te connaissent pas" déclare gentiment son agent).
Et juste au moment où il croit toucher le fond, voilà qu'il est contacté par la grande star du moment, la chanteuse qui domine même Rihanna dans les ventes de disques, j'ai nommé Cora Corman, dont l'art se limite à slammer de façon ésotérique en gigotant du string, parfois à pousser quelques cris aigus pour faire semblant de chanter, mais surtout gémir comme si elle était en train de baiser sur sa chanson, sans oublier de faire onduler son corps à peu près aussi féminin que celui d'une Morning Musume (comprendre ici, sans fesses ni cuisses ni hanches ni seins, autrement dit il ne reste pas grand chose). Grande fan d'Alex Fletcher, Cora lui demande de lui écrire une chanson qu'elle pourrait chanter pour parler de sa dernière rupture; le morceau serait intitulé "A Way Back Into Love", et elle en aurait besoin pour... dans trois jours. Mais qu'il ne s'inquiète pas, une dizaine d'autres chanteurs pop rétro travaillent déjà sur leur version, alors s'il foire, c'est pas grave.
Alex se met donc au boulot dare-dare, avec dans les pattes la nouvelle fille qui vient arroser ses plantes vertes; et voilà qu'alors qu'il travaille sur les paroles avec un parolier professionnel, elle fredonne des rimes bien meilleures; le parolier, vexé, part en claquant la porte, et Alex engage alors un véritable combat pour persuader la jeune femme de lui écrire sa chanson pendant qu'il s'occupera de la musique, tout ça dans le but de vendre la chanson à Cora pour qu'il puisse la chanter en duo avec elle lors de son concert.

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Rétro-land
Alors voilà, ce détail non négligeable: le personnage d'Alex Fletcher vit complètement dans le passé qui contient sa gloire d'antan. Il n'y a qu'à voir comment il est habillé; avec son petit collier de surfeur on dirait un cinquantenaire sapé comme les 2be3 - parce que bien entendu, tel l'être humain normal, Hugh Grant vieillit, et le fait de l'habiller comme ça accentue tout de même pas mal son côté has-been, et lui en rajoute même un "ni fait ni à faire". Les chemises rayées, c'est too much. Moi je dis stop.
Drew Barrymore, au contraire, est habillée à la dernière mode; enfin, peut-être pas comme si elle sortait d'un magazine, mais elle a tout de même des fringues plutôt tendance, jolies, bien coupées, qui la mettent toujours en valeur (et quand je dis toujours, c'est toujours. Après si sa figure toute froissée lui donne parfois l'air minable, c'est une autre affaire). Sophie est généralement bien sapée, avec un joli sac à main ainsi que les accessoires indispensables.
Ce qui a dû être amusant pendant la réalisation de ce film, ç'aura été de rendre les différents univers qui se rencontrent dans le film; l'univers de pop des eighties dans lequel vit encore Alex, l'univers de New York pendant les années 2000, et l'univers de Cora, même si celui-ci est une espèce d'énorme exagération du show-business actuel.
On a ainsi des lieux spécifiques à chaque univers; ce qu'on peut appeler la "normalité", c'est-à-dire les habitations, l'intérieur des appartements y compris celui d'Alex, cosy avec seulement quelques posters encadrés du temps de la gloire de PoP, les rues, la ville... Ensuite, on a les lieux de concert d'Alex, où il chante ses tubes vieux comme Hérode devant une horde de ménagères ménopausées et hystériques devant son costume à paillettes et son déhanché. Là, on accuse vraiment le choc du vieillissement de la pop du temps du pero principal.
Et puis, complètement hors du temps et de l'espace, les espèces de locaux un peu cheap et pseudo ésotériques de Cora Corman, d'abord une tente dans laquelle elle reçoit pour pouvoir chanter ses chansons en petit comité, puis le studio d'enregistrement où tout le monde semble se plier à ses quatre volontés, et sa villa où des artistes sont engagés pour taper la pose dans l'escalier - soi-disant que ce serait de l'art. De toute façon, la philosophie de Cora, car son art est une réelle philosophie, c'est plutôt celle du "bouddhisme en string", donc une fois prévenus, on ne s'attend pas à grand-chose d'autre.

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PoP: le clip.
Le véritable cadeau du film. Globalement, c'est une comédie romantique qui ne casse pas la baraque pour deux sous; le génie du film, c'est ce clip, et c'est tout. Peut-être un peu aussi Hugh Grant, mais à l'instar de son personnage, il vieillit aussi pas mal, et le fait de l'installer dans le rôle d'un mec qui vit dans le passé le dessert plus qu'autre chose - remarquez, bon, ça casse son image, il a dû lui falloir un minimum de courage pour faire ça, à moins qu'il se soit imaginé qu'il avait toujours la classe même en jouant un has-been.
Mais enfin, la réalisation de ce clip est tout de même... é-norme.

Tout d'abord, notez la qualité de l'image et des effets spéciaux; du vrai années 80 garanti pur sucre. L'image est floue, comme on peut le voir sur la plupart des clips de l'époque, sur un fond de rubik's cube bichrome carrément kistch, sans parler de cet inoubliable fond de studio rose et violet qui pourrait peut-être, avec beaucoup d'imagination, évoquer un coucher de soleil - et encore.
Les tenues des membres du groupe sont également un réel chef-d'oeuvre; du pantalon moulant, du collier de surfeur, de la chemise au col ouvert, de la coiffure purement ridicule - et encore vous n'avez pas vu les chaussures - et surtout, surtout, le must le plus merveilleusement fantastique, ce sont les chorégraphies. Alors certes, la choucroute qui sert de chevelure à la figurante au milieu du clip est assez splendide, mais les gros plans sur deux paires de fesses qui se dandinent en choeur, c'est juste trop beau. Un peu comme le jeu adapté aux paroles de la chanson dans la partie "mise en scène" du clip. J'adore les paysages qui défilent sur le faux fond lorsque Hugh Grant tient la main de la choucroutée et qu'ils sont semblant de marcher dans la joie et la bonne humeur, j'adore le brushing du docteur, j'adore les infirmières, j'adore le coeur qui clignote, j'adore la façon dont Hugh Grant ressucite d'entre les morts pour bondir du lit et se déhancher comme un malade, et j'adore surtout les petites bulles informatives sur le clip diffusé à la fin du film - car on y a droit une fois au début, net, et une fois à la fin, le clip est ponctué par des petites bulles d'épilogue. C'est tout simplement merveilleux. Bon, pour éviter tout spoiler, je crois que je vais mettre uniquement une version "début" - mais je vous conseille celle de fin, j'en suis folle :')